
AVANT
après
Tes clients, tes commandes, tes factures, tes contenus, tes emails… tout ce qui fait tourner ton activité vit quelque part. Souvent dans plusieurs outils en même temps.
La question n’est pas “est-ce que c’est pratique ?”.
La vraie question, c’est : est-ce que tu peux récupérer l’essentiel si demain un outil tombe, se ferme, ou bloque ton compte ?
Quand la réponse est floue, tu construis sur un sol emprunté.
Le jour où j’ai compris (vraiment)
J’avais une application hébergée sur une plateforme que j’utilisais depuis longtemps. Un jour, je me connecte… elle n’est plus là. Disparue.
Techniquement, j’ai pu relancer l’application assez vite. Mais j’ai surtout réalisé autre chose : le code n’est pas le sujet. Le vrai sujet, c’est ce qui vit dedans. Les données, les contenus, l’historique.
Et c’est exactement ce qui disparaît quand tu ne sauvegardes pas.
Perdre des données n’est pas un “problème technique”.
C’est un risque business.
Pourquoi c’est un risque business, même si tu es “non-tech”
Parce que ton activité dépend déjà d’outils externes : site, réservation, paiement, emails, fichiers, suivi client, réseaux sociaux…
Ces outils sont utiles. Mais aucun ne te garantit, dans la vraie vie, une récupération simple si quelque chose casse.
Et la conséquence est toujours la même :
tu perds du temps à reconstruire,
tu perds de la confiance,
tu perds parfois des ventes,
et tu fais du “mode survie” au pire moment.
Exemple réel : l’incendie OVHcloud (et la leçon que tout le monde a retenue)
Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie a touché le site OVHcloud à Strasbourg : un bâtiment a été détruit (SBG2) et un autre a été endommagé, provoquant des interruptions et des pertes chez de nombreux clients. OVHcloud a publié un compte rendu détaillé de l’incident de Strasbourg en mars 2021.
Ce qui a marqué beaucoup d’entreprises, ce n’est pas juste l’incendie. C’est le fait que certaines sauvegardes étaient au même endroit que les données principales, donc inutilisables quand le site a brûlé.
Il y a même eu des actions en justice et des procédures collectives lancées après l’événement.
Tu n’as pas besoin de retenir les détails juridiques. Tu as juste besoin de retenir la règle :
Une sauvegarde qui vit au même endroit que le reste n’est pas une sauvegarde. L’ANSSI rappelle d’ailleurs l’importance de séparer les sauvegardes des systèmes principaux.
La méthode simple (même si tu n’es pas “tech”)
Tu n’as pas besoin d’être ingénieure. Tu as besoin d’une méthode claire et d’un minimum de discipline.
Étape 1 - Fais l’inventaire de tes outils (15 minutes)
Tu listes, sur une page :
les outils que tu utilises (site, paiement, réservation, emails, fichiers, etc.)
ce qu’ils contiennent (clients, commandes, factures, contenus, messages)
qui y a accès (toi, assistante, prestataire)
L’objectif : savoir ce qui serait douloureux à perdre.
Étape 2 - Décide ce que tu dois pouvoir récupérer “en 24h”
Dans la plupart des activités, le minimum vital ressemble à ça :
contacts clients + historique utile
factures / paiements
contenus (pages, articles, visuels)
documents importants (contrats, briefs)
accès (comptes, mots de passe)
Tu n’as pas besoin de tout sauvegarder. Tu as besoin de sauvegarder ce qui te permet de redémarrer.
Étape 3 - Mets en place une sauvegarde régulière (simple)
Tu peux commencer sans automatisation :
une exportation mensuelle (CSV/PDF/ZIP selon l’outil),
un dossier clair daté,
une copie dans un espace séparé.
Le point important : séparer. Pas “tout au même endroit”.
Étape 4 - Vérifie l’“exit” avant de t’attacher à un outil
Avant de miser ton business sur une plateforme, pose-toi trois questions :
Est-ce que je peux exporter l’essentiel ?
Dans un format utilisable ?
Est-ce que je peux changer d’outil sans tout perdre ?
Ce n’est pas du pessimisme mais de la solidité. La CNIL rappelle que tu peux demander la récupération de tes données dans un format exploitable.
Étape 5 - Écris une page “mode d’emploi” pour toi (et pour demain)
Une page ultra courte suffit :
où sont tes outils,
où sont tes sauvegardes,
où sont tes accès (gestionnaire de mots de passe),
quoi faire si un outil tombe.
Le jour où tu es fatiguée, malade, ou débordée, cette page vaut de l’or.
Mini checklist
Si tu réponds “non” à 3 questions, tu as un point faible à corriger :
Est-ce que je peux exporter mes contacts / données clés ?
Est-ce que j’ai une sauvegarde récente (moins de 30 jours) ?
Est-ce que cette sauvegarde est dans un endroit séparé ?
Est-ce que quelqu’un pourrait reprendre sans fouiller partout ?
Est-ce que je sais quoi faire si mon outil principal tombe ?
Conclusion
Les outils te rendent plus rapide. Les sauvegardes te rendent plus solide.
Tu n’as pas besoin de tout verrouiller d’un coup. Tu as besoin de commencer par l’essentiel, et de rendre ta récupération possible.
Si tu veux, je peux t’aider à clarifier ce que tu dois protéger, et à mettre en place une configuration simple (sans te rajouter de complexité).
Je suis solo, est-ce vraiment nécessaire ?
Oui, justement. Quand tu es solo, une perte te coûte plus cher en temps et en énergie.
Une sauvegarde Google Drive suffit ?
Parfois, oui, si elle est régulière et séparée de tes outils principaux. Le point clé, c’est la séparation et la répétition.
À quelle fréquence sauvegarder ?
Mensuel minimum. Hebdo si tu as beaucoup de demandes/ventes.
Je n’ai pas le temps, je commence par quoi ?
Contacts + factures + contenus + accès.
Est-ce que je dois automatiser tout de suite ?
Non. Commence manuel, puis on automatise ce qui se répète.
Je ne sais pas quoi exporter. Comment je fais ?
On part de ton activité : ce que tu dois pouvoir récupérer en 24h, et on construit autour.



